L'été de Mot de Passe

votre soirée littéraire

Mot de passe

WHO ?

knows

QUAND ?

maintenant de façon évènementielle

ouvert à 20h et on commence une heure plus tard.

La contribution est volontaire.

(Mais n'oubliez pas: NOUS VOULONS VOTRE BIEN!!!)

Dieu, l'Humain et le Malin, sans ardeur ingrate,

Triumvirat et compagnie, de chaque strate,

Muse on veut faire sans mais le reste on y rate,

Nous t'invitons, viens donc ! Poésie scélérate.

le triumvirat
organisateur des soirées Mot de Passe

rodney noël raphaël de gaspard carl bessette

vendredi 19 septembre 2008

Vidéo - Nuit de la poésie



« À Montréal, le 27 mars 1970, au théâtre Gesù, des milliers de québécois célébraient la poésie dans un rassemblement grandiose et enthousiaste. L’événement a fait date dans l’histoire du Québec. Il réunissait dans la plus grande célébration de la parole qui ait eu lieu au Québec, les chantres de la langue nationale. »
dixit Wikipedia















































dimanche 14 septembre 2008

Photo - Lancement TP5

Quelques photos prises au
lancement du TakeOut Poésie no,5
par l'excellente Marie-Charlotte Aubin.









merci encore à tous qui étaient présent, et à bientôt.

vendredi 12 septembre 2008

Vidéo - Robbert Fortin

Audio - JSL

excellent texte de Jean-Sébastien Larouche the underdog JSL the man qui a donné l'une des top trois meilleures performances aux Soirées Mot de Passe trd. mrk. co. ltd. en deux ans d'existence(s)


mardi 9 septembre 2008

TAKEOUT 5

Voici quelques extraits choisis, en norme en ce qu'il en est des coutumes, du TakeOut poésie no,5 lancé il y a quelques semaines. Le TakeOut poésie, on s'en souvient, regroupement de textes lus ou inédits des soirées Mot de Passe dont on fêtera le second anniversaire en septembre de cette année.


salut Bobb


QUATRIÈME DE COUVERTURE:
Tu as mis au monde des bêtes
une tête, les filières sanglantes par lesquelles ils passent la logique aux abois.
Comment?! Ne vois-tu donc pas ?
Donner à voir comme. Exercices de.
CECI est une imparable parade-i.e., aléatoire. Sortis, les masques, pour l'occasion; qui, d'un lupanar encombré de vieilleries-ses yeux; qui, de la plupart; qui, encor, s'est endormi sur les décombres du vent;... La poésie s'accoude aux miroirs, mais tu ne la crois pas; noyée dans ses miroirs; il n'y a pas de résurrection; ils sont seuls, et avec elle; nous sommes seuls, et avec elle; là, plus de parades; la nudité s'offre entière, qui lacère. Quelle décharge faut-il à la paroles?
« Aux faits! »

Ils viennent, ils viennent.
-Bref, blablablablablablab (
«Bis») Comprends-tu maintenant, toutes ces têtes ensanglantées d'avoir-d'avoir le jour, un jour de plus, dans l'incapacité de défaire le temps?





LE COEUR FAIT DES TACHES SUR LE TROTTOIR
ROBBERT FORTIN, Rue Saint-Jean, Québec

Vois les passants haleine de nuit
jeunes paons bourrés comme des cerveaux farcies
la liberté fait mal tellement vous la saoulez
pour ne plus la voir grelotter entre vos dents

étrangement même routine l'épine mécanique
gossage de petite vie beaucoup de pistons pour rien
autant vous disposer en produits éphémères
pour couper court à la lâcheté
de montrer votre vrai visage
l'enfer ça sera toujours les autres

vous vous sentez condamnés aux faits divers
gamelles d'orgueil aux tables
regardez-vous manger les boutures de vos bêtises

il y a pire pour ceux qui sont au crochet
déjà accessoires
dans peau de manoeuvre
le coeur fait des taches sur le trottoir
ça donne un petit cri effoiré entre les craques
personne ne réagit parce qu'il y a des siècles
que vous ne savez plus à quoi ça ressemble
un cri d'homme défait par en-dedans

et si je te dis lumière rouge
arrêterais-tu de te travestir en Bukowski
refuserais-tu désenchantement
l'autruche des mauvais soirs
te percerais-tu un rêve à travers la couche de carbone
sinon presque effacé ton corps deviendra
ce fantôme grignotant ses bretelles




ÉPREUVE D'ARTISTE
ROBBERT FORTIN, mes premiers récitals, Café Le Hobbit, Québec

Chaque fois nuit sur peau un feu approximatif laissait
respérer qu'écriture prendrait la forme d'une passion
sans autre dévotion que de se comporter comme une
fibre qui pousserait l'audace jusqu'à raffermir
notre obsession de provoquer

sous la tignasse de nos effronteries
nos égarements de conduite
nous laissions chaque phrase évoquer
notre combativité nos révolutions de vaincre

sans savoir qu'en dedans il fallait mordre ou respirer
ce qu'on déclenchait nous portait vers d'autres
chantiers de lumière en chacun voir relançait une
prise en charge un levier pointé vers le voyage

nos cris comme une fronde
on avait éveillé une présence
l'intime résonance d'une fragilité
avec impressions bruissant un langage
où tenir debout entre embûches
et constance de l'altitude

on se mesurait à l'insondable le poème montait près
de ce qui allume le son d'être souffle fortifié nous
faisions connaissance avec l'espoir maintenant il
fallait apprendre à vaincre la peur et la corvée de vivre

nous étions les nouveaux poètes disions-nous
effrontés sachant que d'ombres et de broussailles
notre coeur devrait aussi affronter les remous des eaux
qui nous feraient douter de notre courage




L'ANGE FLOU DU DÉSIR
ROBBERT FORTIN, devant les tableaux de Francis Bacon, Tate Museum, Londres


Tu n'as plus besoin de corps
pour barrer la route aux orages

tu l'as déjà fixé
en transformant ses moindres failles
en miroirs de douleur
comme si une étrange beauté maladive
vers laquelle un cri tient tête au monde
se déclarait en même temps impuissante
à recracher son vide

pourquoi t'es-tu retrouvé
dans cette maison aux angles brisées
écorché d'insomnies et de démence
brûlant tes soleils devant des protraits de folie

s'il est vrai qu'aucune réponse ne convient
à tes battements de coeur
abats toutes les voix
qui ont fait de toi
ténèbres
au moins tu pourras laver la foudre
qui t'a cloué la main à la colère

tu deviendras l'ange flou du désir
sur un socle de névrose





AMOUR-FEUILLE 2
MAIRE-PAULE GRIMALDI

[...]
Je te serre
Et tu rapetisses
Tu n'es plus qu'un lapin
Et le serpent que je suis
Enroulé à ton corps d'oeil rouge
T'entraîne au fond de l'eau.


'


Comme l'horizon se déplaçant
Sur le corps d'une femme
On pelait des oranges
En se regardant dans les yeux
Il pleuvait de l'or
Sur nos amours perverses.


'


Je te quitte.
Je pars en voyage
Visiter le reste de la vie sans toi
Toutes les secondes
Où tu n'existes pas.
Crois-moi, ça sera long.


'


Désir:
Te couper la tête
Et me blottir dans tes bras.
Des fois je t'aimais aussi mal que ça


[...]








AVEC MES ARMES

VIRGINIE BEAUREGARD


je n'ouvrirai la porte à personne
pour te relancer la balle de l'amour aveugle
relis les trottoirs à la lumière du jour
et le ciel bleu baisant les coups de foudre
je casserai au marteau mes téléphones roses

dans le tonnerre le bruit des souvenirs

j'ai rêvé que des bombes explosaient

lécher l'évidence comme le bord tranchant d'un couteau


ce qu'il reste d'héroïque
nos arrière-pensées fixées sur la ligne de front

reviens-moi sain et sauf
avec mes armes



BELLE
VIRGINIE BEAUREGARD

je veux dormir et me réveiller belle
demain comme un premier jour
la terre entre les dents
le soleil dans la peau
le vent pesant
sur les doigts séchés
l'avenir empesé
cirez mes souliers
l'Europe se lève tôt en ce jour de sabbat
le soleil en chansons par un coeur de femmes
une crinoline frôle des souliers sans semelles
aux sourires aimables
les pieds écorchés qui ne feront pas mal







LÉGION

RENÉ LA FLEUR

Toujours uniformément plongé dans lianes sur lianes de phagocytements
Toujours gaspillant l'organique cessation de progrès
Toujours réduit à mendier un fond d'air
Toujours réduit
Toujours sciemment sous-alimenté
Toujours scalpé avant d'atteindre la vallée
Toujours dévalant la dune torrire sans bottes et sans pieds
Et
Jamais de répit
Jamais de Valhalla au terme du mourir et tous les jours mourir
Jamais de repos entre les coups du marteau jamais
Jamais de pause au serrement de l'aorte jamais
Que l'acide mêlée au sang
Que le crâne battu sous les cris
Dur ballon blanc que se disputent les catins et les joueurs au rire gras













(DÉ)FINIR 2008
SÉBASTIEN BOULANGER-GAGNON

Quand l'architecture n'était plus qu'un profil de bélier dans un mur de briques encore debout, les aigles avaient atterri leurs grandes ailes sur le sol et planté leurs becs dans la cendre. L'époque respirait par la gorge ; sur les épaules deux chevreaux qui avaient perdu leurs mères. Un souvenir plana par-dessus les désastres et rendit l'âme dans une fièvre.






DÉDICACE
RODNEY NOËL trd. mrk. co.

vois tours de cordes se déclinent les os
tes miroirs détournent le temps

je suis cercles à leur surface






LES HOMMES APOCRYPHES
RODNEY NOËL trd. mrk. co.

florilège les gestes mourant dénués d'acters la tour roseau liquides retors à l'espace les morts multiplient le corps où j'habite où je n'habite pas (ces masques commencent à nous ressembler)
bientôt faudra un nouvel équilibre des miroirs


entaille nette

dans la pluie un snag trop vaste


coda
sarclez-moi ces pays à la plante des pieds où ne
tiennent qu'hommes à paillette fétiches
sans conséquences obus inexplosibles









CRÉPUSCULE D'IDOLES
RENÉ LAFLEUR

Les idoles chéries, en lesquelles on espérait tant, pour lesquelles on a rompu tant de liens, au nom desquelles on a vicié puis brûlé des avenirs pourtant tendres, devenus maintenant, dans ce silence, sous cet éclairage, ce qu'on nous a toujours dit qu'elles étaient : du plâtre, des formes, des idées autour desquelles se rallier un jour, avant de se disperser, comme de silencieux spectateurs après un match perdu.





INCORPORÉ
RENÉ LAFLEUR

Sitôt
Au monde
Le mot
S'enfonce
Un pas
Plus bas
L'effort
Déçu
De joindre
Jamais
Le moindre
Relais
Alliés
Nouveaux
Toujours
Soufflés
À mesure
Comme on tire
Le lait
Candides guerriers
Docilement couchés
Par la patience mitrailleuse
Au magasin infini
L'esprit
Devise
Le pied
S'enlise









(SANS TITRE)
FRANÇOIS GOURD

Je participe à la sauvette à une édition de mots crachés dans le pot de l'ancien temps.
Je suis déjà un ancien mais encore vivant.
Je me cache dans un bain de poules aux oeufs qui dorment.
Je me cache visage comme un bandit ou une femme musulmane.
Je me cache le visage comme un bandit ou une femme musulmane.
Je me cache parce que j'ai déjà eu peur de la vie.
Je me cache derrière un sourire de débile.
Je me cache parce que je ne veux pas qu'on me sache.
Je tend la main sur le coin in d'une rue sur le petteux Mont-Royal.
Je me cache parce que je n'ai rien à vous dire sauf la souffrance silencieuse d'un pas chanceux.
Je me cache pour retrouver la paix intérieure.
Parce que je ne me sens plus bien sur cette terre remplie de gens qui ne savent plus vivre.
Je voudrais bien la changer cette humanité, mais je ne sais pas comment. Alors je meurs un petit peu à chaque jour.
Je suis un rejeton, un trou dans un condom.
Un accident de parcours, un embryon non désiré.
Je suis seul, je ne connais personne sauf un agent débile qui me fait la morale.
Je suis seul et je suis devenu invisible aux yeux des bonnes gens.
Je suis une étoile et je brille dans mon malade manteau. Je médite à chaque jour sur le coin du boulevard des rêves brisés.
Je suis sale et je pue. Je suis un moine déguisé en pauvre diable. Je ne suis plus rien.
J'attends la fin de ma vie avec la patience d'un artisan.
Je tricote des bouts de chemin et de la dentelle de hasard.
Je suis patient à l'hôpital des fou.
Je quêteur au coin de votre rue.
Je pourrais changer le monde car je suis dieu, mais personne ne me voit.
Je suis la misère des pauvres gens.
Si vous avez envie de vivre, tendez-moi la main, je vous donnerai les pièces manquantes dans votre quotidien.
Je vous donne une dernière chance.
Je vous souris afin que vous puissiez me reconnaître.
Je porterai le poids de vos péchés sur le do mineur de la symphonie perdue.
Vous êtes tous morts dans la course infernale de cette vie moderne.
Venez me vois au cimetière à la tombée de la nuit.
Salut
Le fantôme de l'opéra









(SANS TITRE)
ARTÉMIDE

Et de ports en postes de frontières
Toujours et de plus en plus nulle part
À déverser le vide dans toute ma vie
En déambulant sur les trottoirs
Dans la solitude du monde entier

Je suis parti des capitales de métropole
Pour revenir aux monopoles du capital
Et à présent que je reviens j'ai peur

Peut de tout ce qui bouge surtout lorsque rien ne bouge

Peur que mes rêves m'assomment
Et de continuer à exister, coincé entre la vie et la mort

Peur de rester figé comme un oeuf brouillé
Et de ne plus sentir l'être ni ma peau qui le recouvre

Peur de ne plus avoir mal, de rester assis par terre
Et de n'avoir plus rien à faire que le ciel à rejoindre.








(SANS TITRE)
RAPHAËL GASPARD

le décor s'étend lignes droites
et terrains vagues
du fleuve à ta bouche
désordre d'
quotidien
inoukchouk de sucre
pour ton café

ta culotte dans mes draps sales

ces petites victoires que l'on garde
quand solitude avec demain





ARCHITEXTURE
RAPHAËL GASPARD

lorsque tu dépasses les murs épluchés par l'hiver
c'est jusqu'au bout en ligne droite
sans regarder autre chose que l'instant

horizonnes le décor

tu as le silence des espaces vides autour du front
le bruit des autres qui colle à la peau
la texture de la voix qui imprime à la lumière
morceaux d'altitudes
les poings pour abrier le matin
et la musique pour s'y coucher

la promesse du vent qui se déploie dans ce qui danse







DRAME ÉROTIQUE EN SI BÉMOL MAJEUR
RAPHAËL GASPARD

Acte premier
Entracte
Premier violon:
Comme l'ont démenti plusieurs études sur le dernier succès*, sur sa prétention à l'écriture, le chroniqueur littéraire rend compte d'une littérature en plein foisonnement.

Choeur, accompagné de l'orchestre:
Que reste-t-il de nous tralala...
Le reste est illusoire.

Acte final
Sortie du public.
Chroniqueur:
Sa main mouillée entre mes lèvres le bout de son sein ma bouche glisse.
Ah.
Déjà dans son sexe.
Explose.
Encore.
Fin de.

Notes:
*Dernier succès:
le dernier, l'ultime; terme employé par le rapporteur journalistique qui cherche à introduire l'urgence. Expression chargée de rabattre le gibier.

L'auteur tient à citer un extrait du rapport, détaillé lors d'une conférence sur l'état général des principaux hebdomadaires culturels gratuits de la région de Montréal, dans le cadre du Symposium sur la Culture et son Divertissement:
« Le pamphlet.
L'espace est un élément fractionnel, il est donc publicitaire. »











peut-être quelques autres extraits prochainement bientôt de suite...

lundi 18 août 2008

lancement takeout poésie n,5//party Archipelliers// samedi 23 août

L'AFFICHE CI-DESSUS AFFICHE DJ HABITANT ALORS
QU'IL S'AGIRA BIEN DE DJ EXTREM (JOËL-AIMÉ)
TEL QU'INDIQUÉ CI-DESSOUS


lancement du chantier collectif takeout poésie n'5//party Archipelliers

au menu:
Pierre-Alain Faucon (Chinatown)
lectures//microuvert
Joël-Aimé, dj extrème

hors d'oeuvres:
poésiepoésie et dansedanse

samedi 23 août dès 20heures
L.O.F.T 5810 des Écores (métro Rosemont)
réservations:514-863-3383

lesArchipelliers//maison d'événements

mercredi 25 juin 2008

La Godasse

Vous savez que le TakeOut poésie no,5 sera lancé bientôt, voici une entrevue web/radio accordée par un membre du Triumvirat concernant ce lancement.


cliquez ci-dessous


La Godasse - TakeOut no,5

dimanche 22 juin 2008

Slam macadam

Merci à vous tous qui avez voté Carl Bessette, cela lui ayant permi de participer à la finale et donc d'aller au plus loin possible de l'expérience Tournoi Radio-Canada. La finale opposait Carl Bessette à Mario Cholette. Ce dernier a écrit ce petit article sur l'évènement:

Au Musée de la Civilisation de Québec a été enregistrée la finale tant attendue de Slam Macadam, une initiative de Macadam tribus. C’est la fin d’un tournoi poétique commencé au mois de septembre 2007. Deux slameurs s’affrontaient chaque mois, le public était appelé à désigner un gagnant en votant sur Internet. Une première demi finale a eu lieu en décembre, la deuxième le mois passé. Les deux gagnants, Mario Cholette et Carl Bessette, s’affrontent dans la dernière émission de la saison de Macadam Tribus.

Cette émission a été enregistrée devant 250 personnes, qui ont voté à main levée pour désigner le gagnant de Slam macadam. Elle est diffusée le samedi 21 juin sur la Première Chaîne de Radio-Canada, de 10 h à 12 h, et le samedi soir de 21 h à 23 h.
L’émission est vraiment bonne. J’ai particulièrement aimé le sketch d’ouverture sur le colon Pierre Hébert. Vous aurez compris que le thème de l’émission est la fondation de la ville de Québec qui fête son 400e anniversaire cet été.
Notez que la finale de Slam macadam aura lieu dans la deuxième heure de l’émission.

Pour ceux qui veulent entendre l'extrait, il est toujours disponible sur le site de Radio-Canada, après une recherche pour Slam Macadam. En mon nom propre (Carl), personnellement, je n'ai rien à redire sur les textes, mais concernant les questions posées en interview, il faudrait, après deux ans d'intense médiatisation du mot slam, cesser d'évoquer les sempiternelles angoisses au sujet de la nature dudit slam. On apprend beaucoup plus sur un sujet à apprendre ses projets, à savoir ce qu'il fait, ce qu'il prépare, où il s'en va, quelles expériences l'ont forgé, etc., plutôt qu'à le condamner éternellement aux mêmes questionnements unicellulaires et stériles.

jeudi 29 mai 2008

dimanche 18 mai 2008

Tame to vote



allez voter, un des gars là-dedans a une liste de 3000 voteurs pour lui, faut que vous m'aidiez à le battre pour que je puisse faire la finale devant public contre Mario Cholette. Merci.

copiez-collez le lien ci-dessous dans votre barre d'adresse

http://www.radio-canada.ca/radio/emissions/62/SlamMacadam4.asp

jeudi 24 avril 2008

Robbert Fortin est mort.



...to follow
Robbert Fortin est mort.

mercredi 19 mars 2008

Macadam Tribus


Nous vous encourageons humblement à voter pour Carl Bessette et à passer le mot, dans le cadre de l'émission Macadam Tribus sur la première chaîne de Radio-Canada. Pour voter, et accessoirement entendre le texte, cliquez ci-dessous:

Macadam Tribus, extraits Carl Bessette et Rose Élicery.


Et ne manquez pas le mois prochain notre sans-pareil Yvon Jean qui y participera, plein de promesses.

Extraits choisis des toilettes de l'Archie

Afin de ne pas perdre cet amoncellement de sagesse (plus ou moins!) que les mois successifs, même les années, ont su créer, voici pour vous des passages choisis des murs de la toilette de feu le local de l’Archie, eh oui, les toilettes de l'Archie, le seul endroit au monde où nous pouvions contempler une fresque représentant un bélier sur un âne, un éléphant sur un cheval et un asiatique sur un éléphant (!) (ça nous manquera!). Voici donc des extraits retenus (considérant qu'il y en avait deux à trois fois plus que ce qui est ici !)

Une kalachnikov n’est pas un instrument de musique

On peut t’enlever tes moyens, mais jamais tes idées.

Le bénin a faim.

L’impossible le devient quand on commence à y croire…

Pépé, tu as des yeux comme des carreaux. – Ferré et son frère

Il suffit d’une bière pour être bourré mais on ne sait jamais si c’est la 13ème ou la 14ème.

Quand t’es bien, reste bien.

-Le poëte ? bah, il est dans les nuages !

- Soit. Le tonnerre aussi.

HUGO

L’important, c’est ce qui compte.

Restons un peu plus longtemps pour mieux partir.

Écrire sur des murs, c’est toujours mieux que de fermer sa gueule !

J’aime quelqu’un en silence.

J’aime quelqu’un avec FRACAS

Oyez oyez politiciens

Cessez de parler à nos têtes

Parlez à nos cœurs

« Rien n’est plus grand que les petits de tous les êtres vivants, l’enfant est le seul qui exige qu’on se mette à genoux pour s’élever à sa hauteur ! » Doris Lussier

Nature Boy

There was a boy

A very strange enchanted boy

They say he wandered very far very far

Over land and sea

A little shy

And sad of eye

But very wise was he

And so one day

One magic day he passed my way

And while we talk

Of many things

Fools and kings

This he said to me:

“The greatest thing

You’ll ever learn

Is just to love

And be loved in return”

La mort du sujet ?

Ou le retour du spaghetti

J’aime la vie !

Et maintenant encore plus que tout à l’heure.

À bas les toasters

Libérons l’avenir du futur déjà présent

Libérons le futur de l’avenir déjà passé

Celui qui parle sans savoir

Est un ignorant

Celui qui sait

Et qui ne dit rien

Est un criminel

…heu …inspiré de Nie… tzsche…

pensez-y

Et la sagesse taoïste alors cé quoi ?

?! Merde ! Je suis criminel !

Non

Truth Love Peace Simplicity

La lutte de l’homme contre le pouvoir est celle de la mémoire contre l’oubli.

L’humanité en a vu d’autres…

Jusqu’à la rendre aveugle…

« Il est l’heure à présent de nous en aller :

Moi pour mourir, vous pour vivre,

Qui de nous a le meilleur partage ? »

Platon-Socrate

What to do in case of fire ?

Indeed…

Essayez… Et vous verrez ! ! !

J’ai crié

La vie est méchante

Et l’écho m’a répondu

Chante

L’avenir appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt.

Don’t hate yourself

There are plenty outhere to do it without reasons.

L’art est la porte de l’âme. F.P.

J’apprends à m’aimer et c’est bon

Aimez le monde et le Japon…

Je préfère vivre mes rêves que de rêver ma vie.

S’organiser contre la technocratisation du social.

If U c4n r34d this, U n33d 2 g3t l4id !

Si je vous regarde c’est parce que je vous vois.

Intégrons l’utopie au spectacle.

WAKE UP

¿Dónde esta Josephine Baker?

Ostie l’gros !

Passons passons puisque tout passe

Je me retournerai souvent (Apollinaire)

- thank you !

- no… thank yer…!

Le langage comme blague

Arendt

Quem muito se evita

… se convive!!!

Qui s’évite beaucoup, vis avec

Society is a physical manifestation of conscious thought!

S’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème

Le rêve et les désirs sont immortels. (Rodin)

Quelque chose de drôle…

CARPE DIEM

Don’t worry

Be Happy

Qual é o peso da luz

Quel est le poids de la lumière

L’homme est condamné à voir.

Ni Dieu ni MAÎTRE

- Encore Ferré

L’existence précède l’essence, et l’enflamme !

Dans la magie…

L’âme agit.

Mago Mato

Hinano la bière de Tahiti…

L’imagination est plus importante que la connaissance

Enstein

Lorsque le vin entre la vérité sort.

Bacchus

Il suffirait de ne + acheter, pour que ça ne vende +

Coluche

L’attente fait durer l’envie.

…Et l’envie, aah ! qu’est-ce qu’elle m’en fait vivre !!

Baudelaire, Verlaine et Hugo fréquentaient eux aussi des endroits comme ici. Merci Archi à l’Archie 9 ? vive la poésie, l’art et la liberté de la vivre

Un égoïste est quelqu’un qui ne pense pas à moi.

PK faut-il avoir des problèmes ?

C’est un adieu



Ça y est, c'était les extraits choisis. Il faudra sûrement bientôt repeindre de paroles sages les toilettes d'un nouveau local de création, on vous y attend ! Et terminons tout cela avec une citation tirée non pas des toilettes mais de la colonne de l'Archie:

Le questionnement de l'autorité.
L'autorité du questionnement.

voici voilà,
à très bientôt.

Objectifs

Évènements: Mettre la poésie en scène, sans en faire un spectacle.

Évènements: Forcer l'époque à dire son nom.

Édition: La publication comme point de départ d'une prise de parole plutôt qu'une finalité.

Édition: La poésie comme expérience collective, moment où elle rencontre son plein impact.

lundi 17 mars 2008

Lecture publique



Vendredi passé avait lieu une lecture en primeur d'une pièce à paraître aux éditions des Archipelliers, voici l'affiche d'invitation et un extrait vidéo choisi par S*é, my man.



ce que nous disions...

Donc, nous sommes VRAIMENT sur une nouvelle marche,
le mot passe toujours! :
cette époque dira son nom.


L'heure de départ du bal des voix balayant la nuit montréalaise, du prochain séisme de sens qui ébranlera, des sens à la raison, l'être entier des poëtes, des spectateurs, des derniers flâneurs assis sous le grondement qui saigne encore à leurs oreilles bien après que la parole sur la scène se soit tue, est TOUJOURS donnée; arrivé à la soirée le temps devient TOUJOURS accessoire, c'est selon vous, s'il vous le faut, le micro ne se fermera qu'à plus soif..

Évidemment, le principe de Mot de passe est TOUJOURS le même qu'avant: le micro est une invitation à prendre d'assaut les oreilles des assoiffés de sens de l'assistance; de tous les horizons de mise à mal du malaise qu'est la poésie: en chant, slam, rap, lecture linéaire, silence à foison, toutes les langues, tous les accessoires, toutes les mesures du monde prises par la parole poétique sont TOUJOURS conviées!

Et bien, qu'attendez-vous? Joignons TOUJOURS des cordes d'or d'étoile à étoile et dansons!

Foule, musique du début du siècle et de ceux à venir, poésie fondatrice, emenez vos textes idéisés et tout votre vous, le dialogue a TOUJOURS encor dix huit cents façons de se présenter à vous dont vous ne savez rien encore.

CAR MAINTENANT ; avec de TOUJOURS nouvelles propositions à chaque jour, il est temps d'élever la barre indicatrice du taux évènementiel TOUJOURS encore un niveau au-dessus. L'objectif fut toujours le même, forcer cette époque à dire son nom. Si c'est au Québec que la poésie doit bouger et devenir au nom de ce qui viendra, nous sommes TOUJOURS prêt, nous participerons TOUJOURS, nous sommes TOUJOURS un projet en marche, et qui ne s'arrêtera TOUJOURS pas. Si la poésie se met en situation de façon plurielle, ne pensez pas que le Triumvirat a atteint avec la soirée Mot de Passe le but de sa démarche, bien au contraire, nous attendons toujours, toujours et TOUJOURS à bientôt.

jeudi 28 février 2008

Plaisir !





ce sont quelques photos de la dernière soirée Mot de Passe™, et même une vidéo d'un texte d'Erika Soucy et un autre en anglais avec ryhtmes inclus, merci à S*é pour ce matos,

mardi 26 février 2008

mot de l'Archie


Vous le savez donc, ça y’est, ce qui devait arriver arriva : 20 policiers « de la moralité » ont pris d’assaut le local de l’archie ce vendredi 22 février, à 22hOO, juste avant que les musiciens ne montent sur la scène sur laquelle pour finir ils ne sont pas montés, expulsés comme toutes les autres personnes présentes, après avoir été identifiés en bonne et due forme par ces gros messieurs en bleu uniformes. Seuls n’ont pas eu le choix de rester les deux personnes responsables du comptoir, ainsi que ceux qui ont accepté de se présenter comme responsables du lieu, avant de se voir identifier à leur tour avec une photo en bonus (espérons au moins qu’ils nous en offriront un exemplaire).

Résultat des courses :
Perquisition de l’alcool et de la caisse (pour un montant total d’environ 600 dollars… les enfoirés).
Invitation forcée des responsables en question à comparaître devant Monsieur le Juge, dans les mois à venir, pour apprendre le montant de l’amende à payer (une situation similaire avait coûté à des amis la maudite somme de 3500 dollars, espérons que ce ne sera pas plus).
-
Et, surtout, interdiction de l’alcool à l’intérieur du local, sous peine de sérieux problèmes qu’une levée de fond ne suffirait sûrement pas à régler.
Interdiction de l’alcool entres autres, mais également de fumer, de se réunir à plus de cinq personnes, etc. Interdiction… à moins de demander des permis que nous ne pouvons obtenir dans l’état actuel des choses (local commercial, pas d’issue de secours, pas de deuxième toilette, etc.), et dont nous ne voulons pas de toute façon, de peur de devoir finir par demander un permis pour boire une bière chez soi, voire même, un de ces jours, pour pouvoir respirer…
Mais ne riez pas, nous n’en sommes peut-être pas si loin, puisque ça y’est, c’est fait, ce qui devait arriver arriva : ça prend désormais un permis pour faire la fête avec ses amis; comme si ce n’était pas là l’un des droits (pour ne pas dire l’un des devoirs) humains les plus fondamentaux...
Certains nous diront sûrement qu’on exagère. Peut-être, mais jusqu’à quel point et pour encore combien de temps? Qui a le sentiment, en effet, aujourd’hui, de pouvoir faire la fête avec ses amis lorsque après dix heures du soir le voisin s’empresse d’appeler la police pour tapage nocturne? Lorsqu’il n’y a plus un bar où l’on peut se comprendre sans devoir se répéter quatre fois avant d’y parvenir tellement la musique est forte, et où la moitié des gens passent la moitié de la soirée dehors non seulement pour éviter aux habits de sentir la cigarette, mais également et surtout pour éviter un surplus d’intensité partagée qui constitue justement le fondement de toute fête véritable? Qui a le sentiment de pouvoir vraiment faire la fête en dehors du bois, d’« avoir du fun » dans les bars de Montréal sans disposer par ailleurs de plus de vingt dollars à dépenser pour sa soirée? Bref, qui n’a pas eu le sentiment en pénétrant le local de l’archie de découvrir un endroit où pouvoir vraiment faire la fête, le party, la chouille, pour éventuellement ressortir à la lumière du petit matin après avoir partagé autre chose que du bruit et de l’insignifiance, et même de l’amour pourquoi pas?
Faut-il préciser par ailleurs que cette fête, bien loin d’être une fin en soi (bien qu’elle pourrait y prétendre), était également le moyen de permettre aux musiciens, peintres, sculpteurs, philosophes, clowns, poètes, et à tous ceux et celles qui continuent à faire l’expérience du Monde en essayant de lui rendre ce qu’il leur offre, de bénéficier gratuitement (également grâce à du bénévolat) d’un lieu pour créer et œuvrer à ce qui nourri la culture québécoise prise dans toute sa diversité (qui ne va en aucun cas à l’encontre de sa propre singularité, bien au contraire). Un lieu où la langue française, toujours avec une pensée pour les premières langues qui ont été parlées sur ce sol avant qu’il ne soit bétonné, permet en effet de réunir le joual, le créole, l’arabe, l’espagnol, le roumain, etc. et même l’anglais, sous la forme d’une solidarité inédite non seulement au Québec mais dans le Monde entier. Et c’est donc cela même qui constitue une possibilité de préserver et de renforcer la culture québécoise, qu’il faut mettre en procès; cela même qui essaye de faire du nouveau avec de l’ancien, plutôt que de détruire l’ancien jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, qu’il faut condamner.
Soit, pourtant la plupart des gens, et la technocratie policière, la police technocratisée en premier lieu, ne parlent à ce propos que d’un « dysfonctionnement » qu’il s’agit de régler, comme s’il s’agissait seulement de prendre de l’Oméga 3 pour prendre soin de son âme, comme s’il s’agissait seulement d’un permis à obtenir pour que tout rentre dans l’ordre. Mais dans quel ordre (la question mérite d’être posée parce que tout le monde sait que derrière les petits problèmes, se cachent toujours les gros problèmes)? Dans cet ordre globalisé où il apparaît désormais impossible de différencier Bush de Sarkosy, et Harper de Charest? Dans cet ordre où il n’y a rien de plus normal que d’abandonner son identité et sa culture au profit de la toute puissance de l’économie et du marché? Dans cet ordre où le Québec est déjà mort avant d’avoir eu le temps d’y penser?
Soit, soit et soit, mais cela nous ne l’acceptons pas, et ce n’est pas la « police de la moralité » qui nous fera changer d’avis.
Car faut-il obéir à la loi lorsqu’elle nous mène au désastre, à la disparition d’ici 50 ans de plus de 50% de la diversité des espèces animales encore vivantes, ou encore au fait que les Haïtiens n’ont pas les moyens de manger le riz qu’ils font pousser eux-mêmes et sont obligés de payer 70 dollars américains une poche de riz lorsqu’ils ont donc les moyens de manger du riz, et que cette situation est à peu près la même pour plus des 2/3 de l’humanité, tout cela sous la surveillance armée de l’organisation des Nations Unies?
Autrement dit, faut-il continuer à foutre le Monde en l’air, simplement pour obéir à des lois que nous n’avons pas choisies et qui n’en sont donc pas?
Vos lois n’ont pas le monopole de la loi, et c’est peut-être au Québec, entre autre, qu’il faudrait commencer à y penser, à le dire et à agir. C’est ce que nous essayons de faire, et ce qui devait arriver arriva, on nous a mis hors la loi, car il faut désormais un permis, même pour faire la fête avec ses amis.
Une question est restée en suspend
Celle de l’avenir du local de l’archie
Nous ne pouvons répondre dans l’immédiat
Il nous manque encore quelques respirations
Nous vous tiendrons au courant dans les jours à venir
Veuillez nous excuser pour le « dysfonctionnement »
(ce n’est qu’un début, ils n’ont encore rien vu,
on va leur en donner du « dysfonctionnement », Ostie!).

À bientôt,

L’archie, sa fête et ses amis.


dimanche 24 février 2008

Retour aux sources

Cette fameuse soirée donc, la dix-septième du nom, au lendemain de la descente des descentes, de quoi eut-elle l'air ? Eh bien, étonnés fûmes-nous donc à nouveau d’être à nouveau étonnés !


La situation au commencement de la soirée était la suivante :


Pas une goutte d'alcool permise sur place.


Aussi, pas de console de son (retournée à son propriétaire qui craignait la perquisition), donc pas de DJ, pas de musique (nous nous débrouillâmes tout de même avec un petit ampli de guitare grincheux et old fucking school, deux entrées, un micro, une orgue, une guitare de gaucher et une caisse claire)

Nous eûmes donc droit à un véritable retour aux sources des premières soirées Mot de Passe, du temps du Dépanneur-Café (lieu honni), alors qu’il n’y avait pas de permis d’alcool et pas d’instruments sinon un piano désaccordé.

Ceci eut pour résultat de faire le tri entre les prospecteurs de débauches et les réels amateurs de poésie. Et en effet, QUE DE LA POÉSIE nous eûmes hier soir, de plein fouet, tout en pureté, sans fioriture, sans cache et double-fond.

Notons aussi que certaines expressions se virent prendre une drôle de tournure, tel que microuvert jusqu’à plus soif… (même sans alcool, ou peut-être grâce à cela, la soirée s’est tout de même terminée à 5h du matin… vous avez bien lu.) La troisième et dernière partie de la soirée, celle des véritables guerriers, nommée ainsi car il y est difficile de garder soutenue l’attention d’une bande ivre d’auditeurs, devenait plutôt la partie des véritables guerriers aptes à garder en salle des gens qui venait de manger cinq heures de poésie d’affilées à boire du thé glacé et du V8.

Ce dont on se souviendra de cette soirée :

D’abord l’ambiance générale. Les évènements étant ce qu’ils sont, personne ne fut averti des péripéties de la veille, ce qui donna une teinte de privilège à la présence, vue l’incertitude de la suite des choses. Chacun y alla de sa participation, et surtout de son émotion d’une peut-être ultime expérience de l’Archie et de la soirée Mot de Passe en son sein. Les moments touchants se sont multipliés, les larmes nous venaient presque. Certains ont écrit sur place des textes de circonstances, certains l’avaient fait l’après-midi ou le matin ayant été mis au courant de la situation, offrant un déversement intempestif de conscience du lieu. Le rythme général fut au quart de tour, malgré l’absence du DJ. La poésie avait sa place, partout. Les silences furent magnifiques, implicitement choisis et surtout sentis par les auditeurs, ressentis par le poëte.

Aussi, hors poésie, on eut droit à une participation complémentaire à point ; numéros de magie époustouflants, avant de reprendre le microuvert au retour d’entractes, - merci d’ailleurs à notre ami Filipe Matos, magicien et illusionniste d’exception. Aussi notre ami qui en était à sa première présence et qui passa la soirée à gonfler des ballons et à en faire des figures, caniches, statues, créatures polymorphiques, merci ! Et que dire de cette acrobate du cirque, jouant avec son équilibre jusque sur le comptoir, sublime, du sublime. La musique aussi, complétant la poésie, merci à tous les musiciens, il y en eut tant (!), nous ne les nommerons pas.

Pour la poésie, que mentionner de ce tourbillon en archipel,

D’abord la présentation de Baudelaire, auteur de la soirée, à hauteur d’habitude. Ensuite mentionnons entre autres, l’âme Quidam, bien en possession de la scène, venu partager dans toute la fluidité de la soirée Mot de Passe un grand nombre de ses textes, dont plusieurs bien sentis dans leur intimité, et reçus comme tel par les gens présents. Les classiques aussi: le strip-tease non-terminé de Mademoiselle de Laval, et les pages qu’elle tournait sur son genou, à quand la suite Brigitte ? à quand la suite ? Les réactions étaient toujours aussi splendides au son de ses farouche22 et Alonzo1. Jocelyn et sa poésie municipale #2, sur Hochlag, toujours aussi à souhait. JSL nous faisant l’honneur et le plaisir d’un texte à ses boss. Yvon avec un texte que nous n’avions jamais entendu, et c’était, selon le Malin, le meilleur texte qu’il eut fait à date (mais où le cachais-tu coquin !). Aussi Yvon, pour ajouter à la présentation de l'auteur du soir, nous fit la lecture de Baudelaire Les litanies de Satan, et tous répétaient en choeur Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! Baudelaire, notre magnifique syphilitique, du nous entendre de là-bas ! Cette demoiselle de Québec bien acharnée à y faire vivre la poésie. Et Mademoiselle Grimaldi allant devant pour lire, et au moment où elle dit ce passage : « Je te quitte. » Jonas au fond de la salle, saoul (semble-t-il, on tient cela du Journal), s’écroule sur une table, la renverse et brise quatre verres ! Silence total. Elle répète au micro : « Je te quitte. » Rire général. Virginie, quelle présence, depuis les premières soirées, nous avons vu l’évolution, de Virginie à Virginie, dans la grâce du nonchaloir, elle est aujourd’hui plus à l’aise devant cinquante personnes qu’il y a dix mois devant dix personnes, c’est magnifique et beau à voir, et quel texte, un souffle à agrandir, à porter plus loin, encore plein de possibles non-avenus. Salutations du commissaire.

Les textes sur l’Archie furent certainement les plus touchants (en plus des témoignages d’affection reçus de toute part). Sébastien BG, merci. Quel travail, quel artiste, quel citoyen. Nous y sommes. Rémi, merci pour tout, prenant la parole sur la maladie, sur les circonstances entourant l’Archie, que tu portes comme un Atlas heureux, ce sont des larmes qu’il fallut retenir, cent fois plutôt qu’une. Merci à toi notre frère, merci, merci, merci.

Les absents y ont aussi beaucoup perdu, petite flèche à Bobb ici, mais que n’as-tu entendu Cadillac Moon (black remix) par Black himself !

Un autre mot attentionné pour deux personnes qu’il faut remercier. Stéphanie Bacher et Larissa Dauphin. C’est deux n’ont jamais lu devant, n’ont jamais publié dans le TakeOut, mais elles étaient là à la toute première soirée Mot de Passe, elles sont venues chaque fois qu’elles ont pu, et elles étaient présentes hier. Que dire… sinon que ça nous touche beaucoup. Merci ! Au plaisir de vous revoir évidemment, expertes en la soirée !

Enfin, pour terminer, nous avons à nouveau remarqué hier un détail que nous n'avons jamais vraiment abordé. Vous devriez savoir, néophytes, que personne n’est jamais présenté à la soirée Mot de Passe, le micro est là, quand il ne s’y trouve personne vous y allez, et vous lisez. Ceci pose tout un chacun sur un pied d’égalité que seule la poésie repositionne, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’invités choisis et donc que l’on doit se sentir obligé d’écouter. Ceci fait qu’il peut être complexe d’obtenir réaction ou écoute des gens, si le texte lui-même ne le sollicite pas, mais ce dont on se rend maintenant compte, c’est aussi que si la poésie est bonne (et c’est bien le seul critère), la réaction et ce que la foule donnera au poëte sont tout aussi extraordinaires qu’il peut en être pénible dans le cas contraire. Le niveau de don et de symbiose entre auditeurs et poëte accompli est d’une efficacité et d’une béatitude qui dépassent la grâce et l’extase. Nous en déduisons que c’est là la cause du nombre impressionnant d’inédits, quoi de mieux pour casser un texte.