L'été de Mot de Passe

votre soirée littéraire

Mot de passe

WHO ?

knows

QUAND ?

maintenant de façon évènementielle

ouvert à 20h et on commence une heure plus tard.

La contribution est volontaire.

(Mais n'oubliez pas: NOUS VOULONS VOTRE BIEN!!!)

Dieu, l'Humain et le Malin, sans ardeur ingrate,

Triumvirat et compagnie, de chaque strate,

Muse on veut faire sans mais le reste on y rate,

Nous t'invitons, viens donc ! Poésie scélérate.

le triumvirat
organisateur des soirées Mot de Passe

rodney noël raphaël de gaspard carl bessette

lundi 22 octobre 2007

AUDIO - Le triumvirat

Le triumvirat accorde sa première entrevue. C'est sur France culture, à la toute fin comme le dessert qu'il se doit.

Voici le site de l'émission:

c'est en direct du festival international de poésie de trois-rivières, où il nous a semblé y avoir trop de scènes, beaucoup de poëtes, mais peu de poésie, aussi beaucoup d'écoute, peu de discussion, de critique constructive.

vendredi 19 octobre 2007

réponse

Petite guerre de clocher à l'horizon?

Allons, chers amis, calmons-nous le ponpon.

Je pense seulement qu'Ivy est très heureux du succès obtenu par les soirées de slam et il a bien raison.

Cher Monsieur Gaspard, les regards surplombants n'apportent jamais rien de bon.

Cela étant dit, ne nous faisons pas d'illusions: nous prêchons TOUJOURS pour des convertis.

Le temple du slam réussit seulement à accueillir beaucoup de monde et, il est vrai, le public aussi.


Olivier Choinière



réponse

je comprens que la pure-poésie te tienne a coeur, mais moi je passe du bon temps au soirée slam que je considère comme une forme de poésie
bien loin des querelles de clocher auxquelles tu sembles prendre part. la poésie n'est selon moi pas une citadelle imprenable, un eldorado auxquel seul les élus ont droit d'accèder. sinon, comme les fleurs privées d'abeille, elle mourra. et les pseudo-poètes-détenteurs-de-vérité n'auront qu'à pleurer sur sa tombe.
la posésie est partout, dans les branches des arbres, sur les trottoirs, dans les yeux d'une fille, chez métro Chevrefils ou au dépanneur du coin. suffit de mettre les bonnes lunettes.
merci pour ton point de vue qui invite à la reflexion
JC (pas plus poète qu'un autre)

réponse

Monsieur de Gaspard,

Je trouve votre réaction très intéressante, sans doute pour les mauvaises raisons, mais néanmoins intéressante en ce que vous renvoyez à une définition apophatique de la poésie. C'est-à-dire que vous adoptez une posture héritée de la mystique judéo-chrétienne (je le dis sans aucune mauvaise pensée, rassurez-vous) qui consiste à rejeter toute définition, tout phénomène qui permettrait de donner une représentation à la poésie pour exalter une idée transcendante, inaccessible et par là, absolument pure à laquelle seuls de véritables et fervents croyant peuvent accéder, expulsant de facto tous les autres, imposteurs, charlatans, manipulateurs et exploiteurs de la poésie à des fins spectaculaires, j'y reviendrai. Ce que vous dites qu'elle n'est pas: un divertissement, une spectacle, un texte écrit, une "oralité primaire". Ce que vous nous dites qu'elle serait: une "liberté de forme", un travail sur la langue, les images et les mots. Mais vous niez tout de même catégoriquement qu'il y ait absolument aucune forme de liberté, de travail sur la langue, les images et les mots dans aucun des textes présentés dans les slams parce qu'ils constituent justement une manifestation de la poésie, manifestation forcément imparfaite en ce qu'elle apparaît dans toute la complexité du réel, du culturel, du social et non dans un imaginaire transcendantal qui ne s'actualise qu'à rebours dans la distance historique et la license du canon littéraire.

Je reconnais que je ne sais pas ce qu'est ou ce que devrait être la poésie. Je publie le mois prochain ma thèse de doctorat qui portait sur le retour du lyrisme dans laquelle je réfléchissais justement aux jeux de pouvoir qui se mettent en place dans l'actualité littéraire entre les différentes factions se disputant le nom et le legs de la poésie. Je me suis rendu jusqu'en finale aussi de la compétition du slam avec des textes que je considère relever plus de la prose que de la poésie. Mais il suffit de relire le Spleen de Paris de Baudelaire ou encore les "feuillets d'Hypnos" de René Char pour remarquer l'inconfort qu'installe dans la poésie le poème en prose quant à la certitude de sa définition. Au-delà de son caractère "populaire" qui, je le rappelle, est plus que négligeable (les 300 personnes pour une soirée sont quand même similaires aux 30 personnes des cabarets solovox lorsqu'on les compare au dizaines de milliers de spectateurs qui assistent chaque année à la "belle poésie" des spectacles du cirque du soleil), ce qui m'intéresse dans le phénomène du slam, c'est de voir les potentialités qu'il pourra ouvrir au sein de l'institution un peu sclérosée de la poésie publiée. Et je dis cela en sachant tout à fait la contribution immense de poètes comme Hélène Dorion ou Paul-Marie Lapointe ou José Acquelin apportent au renouvellement esthétique de cette institution.

Vous concluez votre message en disant espérer que s'établisse un "dialogue vrai" entre poètes et slammeurs, ce n'est certainement pas en discréditant dans son intégralité l'entreprise que vous arriverez à vos fins.

Bien à vous,
Mathieu Arsenault

mardi 16 octobre 2007

slam et poésie, mise au point.

RAPHAËL GASPARD, dit l'humain, signe ceci :


Cette missive tente de répondre à la rétrospective de la première saison de slam faite lors d’un courriel envoyé à une liste de cinq cent nom dont je fait parti.

Trop de fois entendu lors d'une soirée slam que la poésie était la vraie gagnante, alors qu'il n'y avait pas eu de poésie mais bien des textes en prose qui, récités avec force et rythme, était la clé du spectacle. Lors d'une joute de slam, un texte qui ne contient aucune valeur littéraire sera fort apprécié s'il est performé de manière remarquable et se méritera peut-être la première place. Poésie ? Je ne sais pas. Il est vrai qu'une poésie vivante en est une qui sorte du texte écrit, pourtant la poésie n'a pas besoin du spectacle pour s'identifier. Définir la poésie par la performance, c'est contribuer à une culture du spectacle qui se désintéresse d'un public constitué d'individus pour une masse anonyme qui consomme le divertissement religieusement.

Que la poésie n'ait plus public sur place, d'accord. Qu'un slam soit une des manifestations de la poésie, aussi d'accord. Mais de là à clamer que le slam est LA solution, il y a une marge. Comme l'écrit dans son courriel M. Ivy, fondateur de la ligue québécoise de slam, le slameur serait un missionnaire prêchant la bonne parole à un public païen… il est permis de s'esclaffer ici.

Aussi, j'aimerai que les organisateurs des soirées de slam définissent ce qu'ils entendent par soirée traditionnelle de poésie. Paraît-il qu'il s'agit de cercles clos pour amateurs de genre, où les poètes scandent la poésie à qui veut l'entendre dans la nef de belles chapelles. (tel quel dans le texte).

La poésie s'exprime par une liberté de forme et tente d'amener plus en avant le travail du langage, des images et des mots et ne se limite pas à l'exploration d'une oralité. Là ou l'œil se pose il y a matière poétique, et il est nécessaire que plusieurs manières de mettre en forme la poésie cœxiste, tout comme les différentes soirées. Mais lorsqu'on affirme avoir trouvé, par le slam, la seule façon viable à cette époque de faire de poésie, il y a fermeture.

Voilà ce qui me m’embarrasse avec les soirées de slam, on dit y faire de la poésie mais est-ce que la poésie se résume à une oralité primaire ? Si les soirées de poésie traditionnelle mettent de l'avant l'individu, le slam lui fait quoi ? Le texte est support à performance et représente le tiers des éléments évalués lors d'une compétition, la présence sur scène étant la qualité première requise. Entendons-nous, la scène slam à Montréal a pour but de reproduire un concept de soirée qui amène, il est vrai, beaucoup de gens. Pourquoi cette foule ? divertissement ? surtout pour passer une bonne soirée, par curiosité et parce qu'on en parle, rarement pour la poésie car il n'y en a que trop peu aux soirées de slam, un balbutiement propre aux soirées de poésie traditionnelles, vous savez celles ou personne ne va.

J'assiste souvent aux joutes de slam, mais rare ont été les moments ou j'ai sentie la volonté d'explorer la poésie. Pourtant, j'ai assisté à une soirée de poésie qui dure depuis plus d'un an et qui dresse un panorama de la poésie actuelle à Montréal car on y explore plusieurs manières de mettre en forme la poésie (on y fait aussi du slam, oui oui). Lors de cette soirée j'ai entendu des inédits de poètes ayant déjà publié (et beaucoup pour certain) comme des textes qui n'avait jamais sortie de leurs feuilles, bref une diversités comme j'en ai rarement entendus.

Quel est l'impact réel du slam sur la poésie ? Que reste-il (de nos amours) lorsque le spectacle s'arrête ? Opposer le slam à une poésie traditionnelle, c'est dire que le slam est une poésie nouveau genre, je me trompe ?

Voilà, je me suis exprimé avec la plus grande sincérité, sans biffer certaines phrases qui pourraient déranger ou paraître irréfléchies (certaines le sont, il est vrai). Je termine en rajoutant que cette rétrospective de l’organisateur des compétitions de slam à Montréal est tressée d’absurdité et que le slam, au Québec, vit poétiquement au dessus de ses moyens, du moins pour l'instant.

Que vive toujours la poésie sous toutes ses formes et j'espère qu'un dialogue sera possible, un vrai, et non une dispute de clochers où l'ego parle plus fort que le vent.

Montréal, mercredi le 26 septembre 2007.


RAPHAËL GASPARD